Aspects techniques

Il s’agit d’un système muni d’un tambour constitué de deux flasques soudés à chaque extrémité d’un cylindre reposant sur deux paliers pour permettre la rotation. Celle-ci étant transmise par une chaîne à partir d’un moteur de motoculteur. Sur la périphérie de ces flasques viennent se loger des fourches d’une largeur de 64 cm munies de cinq dents d’une longueur de 20 cm qui peuvent pivoter par rapport au tambour.

Par un jeu de biellettes, de galets à roulements à billes et chemin de roulements dessiné judicieusement, les fourches pénètrent verticalement dans le sol et une fois arrivé à la verticale de l’axe du tambour s’inclinent vers l’arrière et ainsi soulève la terre.

Une première version était équipée de 16 fourches et ne nécessitait que 450 W de puissance, la vitesse d’avancement était de 6 à 10 m/minute, soit la vitesse d’un motoculteur. Ainsi une foreuse de 450 W entraînait tout l’engin. Ce premier modèle étant trop lourd pour une utilisation manuelle (manœuvre hors sol), j’ai opté ensuite pour un modèle à huit fourches avec tambour allégé et un motoculteur à courroie en guise de motorisation et émietteur de surface. Au bruit du moteur, on peut estimer la puissance requise de l’ordre de 1 kw à 1,5 kw, émietteur compris.

La dernière version que j’ai réalisé l’hiver  97-98  est en plus équipée d’une roue servant de brise-motte, de support permettant de relever l’ensemble lors des manœuvres hors périodes de travail. Elle permet aussi de donner une direction à la machine lors des périodes de travail. De plus, cette version est équipée d’un système qui permet le remplacement du tambour par un autre d’un type différent pour d’autres opérations, ce qui permettra d’obtenir un châssis multifonctions afin de réaliser des opérations telles que binage, désherbage thermique, épandage de compost, ….

A l’heure actuelle, j’ai pu constater que l’ensemble manque de souplesse pour réaliser toutes ces opérations. Le saut de qualité à effectuer en utilisant des transmissions hydrauliques est tel qu’il n’est plus possible de financer moi-même la suite de ce projet, c’est pourquoi je suis à la recherche d’une formule de financement permettant sa poursuite.

Au cours de l’évolution du système,  j’ai pu réaliser quelques démonstrations notamment au comité Jean Pain à Londerzeel où le succès fut appréciable et où j’ai pu constater que la présence d’une grande quantité de compost de surface diminue la consommation d’énergie. Le travail réalisé répondait à mon souhait ainsi qu’à celui des visiteurs. Monsieur Kesch, responsable des serres du jardin botanique de Liège et membre de Nature et Progrès ainsi que M. et Mme Hanquet, ex-président de la locale de Liège de Nature et Progrès ont pu constater également l'efficacité de la machine.

Dans une exploitation agricole en culture biologique une démonstration à proximité des serres afin d’aérer une terre non cultivée a été convaincante mais ensuite en travaillant une parcelle de terre pourvue d’une semelle de labour le réducteur de la machine s’est rompu étant donné l’importance de la puissance exigée.

Afin d’étayer ces considérations, voici un passage du livre de Claude Aubert « Le jardin potager biologique »  Le travail du sol en agriculture biologique .

L'objectif du jardinier biologique doit être de travailler le sol le moins possible.

Cela ne veut pas dire que l'on peut ensemencer un sol dur et compact, mais qu'en jardinage biologique le sol ne devrait jamais être dur ou compact, même sans être travaillé. Les meilleurs laboureurs sont les racines des plantes, les vers et tous les êtres vivants du sol…

Comment ameublir la terre "biologiquement" ?

Le principe est simple : il faut ameublir la couche arable, sur une profondeur d'environ 20 cm, sans mélanger les couches du sol, et surtout sans ramener en surface les couches profondes ni enfouir les couches superficielles, comme on le fait souvent avec la bêche ou la charrue.

On peut bêcher avec la bêche traditionnelle sans retourner la terre mais, il vaut mieux utiliser des outils spécialement conçus pour ce travail. Les meilleurs à notre connaissance sont la grelinette et le guerilu, sortes de bêches à dents à deux manches dont le maniement est très facile et beaucoup moins fatiguant que celui de la bêche classique.

On pratique cet ameublissement à l'automne, avant d'apporter à la terre son manteau protecteur, et, si c'est nécessaire, entre deux cultures….

Si vous travaillez au motoculteur, prenez garde de ne pas trop émietter le sol. Une terre très fine est sans doute jolie à voir, lorsqu'elle vient d'être travaillée, mais sa structure est instable et elle se colmatera ou se glacera à la première pluie, empêchant la circulation de l'eau et surtout de l'air….